Test : God Of War (PS4)

Nous avons découvert cette série de Beat’em all en 2005 sur PS2 qui proposait d’incarner un personnage d’une extrême violence, Kratos, à l’époque de la Grèce antique et dans un univers où les dieux grecs existaient bel et bien. Ces derniers étant dépeints de manière bien négative, se jouant des hommes comme de vulgaires marionnettes.


Petit retour en arrière

Pour rappel et si vous ne le savez pas déjà, Kratos était un général très respecté de l’armée de Sparte (les spartiates) et passait son temps à guerroyer. Jusqu’au jour où il dû faire face à un peuple barbare qui mit toute son armée en déroute. Sur le point de mourir des mains du chef barbare, Kratos fît appel à Arès, Dieu de la guerre, pour le sauver.

Ce dernier s’exécuta et balaya les barbares non sans s’assurer que Kratos deviendrait son serviteur. Nouvellement équipé des Lames du Chaos, Kratos servira fidèlement son Dieu en continuant ses batailles sanglantes à travers toute la Grèce, perdant peu à peu toute once d’humanité.

Mais un jour, Arès demanda à Kratos d’exterminer un village pro-Athéna (la rivale d’Arès en gros). Notre guerrier fît ce qu’il avait l’habitude et dans une rage qu’il n’arriva pas à contrôler, tua sa femme et sa fille. Quand il réalisa enfin ce qu’il avait fait, il décida que sa vie ne serait plus que vengeance envers Arès.

L’Oracle du village en profita pour le maudire, il se rappellerait à jamais les derniers instants de sa famille dans ses cauchemars et sa peau serait faite des cendres et du sang de sa femme et de sa fille. D’où son teint pâle et ses espèces de peintures rouges qu’il a sur le corps. À partir de ce moment, Kratos fut connu sous le nom de « Fantôme de Sparte ».

Ceci n’est que le tout début de God of War version 2005 et les trois jeux principaux de la franchise ne raconteront « que » l’histoire d’un homme qui deviendra un Dieu (celui de la guerre, il prendra la place d’Arès à la fin du premier jeu) et qui cherchera à exterminer tous ses semblables, jusqu’à son propre géniteur.

N’étant pas spécialement fan des Beat’em all, j’ai quand même joué aux trois God of War principaux sortis sur PS2 et PS3 jusqu’à 2010. Il y a eu d’autres opus sur ces mêmes consoles ainsi que des remasters réguliers.

Personnellement, j’ai adoré l’univers imaginé par SIE Santa Monica Studio ainsi que le gameplay, très inspiré pour l’époque, mais j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à Kratos. Malgré les mises en scènes de folie des God of War, ce personnage m’a difficilement convaincu par son caractère toujours en colère (même si ça se comprend), cette soif de vengeance démesurée qui ne laissait plus de place à l’introspection personnelle. Kratos manquait, pour moi, désespérément de profondeur si bien que je n’ai jamais pris le temps de découvrir les autres jeux de la franchise… jusqu’à 2018.

Reboot d’un Dieu de la guerre

Il aura fallu 5 ans à Cory Barlog, Directeur Créatif de la série, pour repenser entièrement son personnage et la jouabilité de sa série. Le Beat’em all est devenu un Action-RPG (ARPG) et Kratos un papa ayant pris sa retraite dans les contrées nordiques du royaume de Midgard.

Un changement radical pour les fans de la première heure mais qui a sollicité ma curiosité. Kratos à nouveau papa ? Mythologie nordique ? En vérité, lors du premier trailer, on n’était pas encore certains que Kratos soit Kratos. Comme c’était un reboot, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un nouveau personnage (malgré la ressemblance frappante avec notre héros).

Cette grosse barbe, ce comportement en retrait, la présence d’Atreus, une nouvelle mythologie… Tous ces changements m’ont conduite à penser que l’on pourrait incarner un chasseur nordique qui devrait se confronter aux dieux de son royaume pour X raison.

Quand on a donc enfin su qu’il s’agissait bel et bien de Kratos, je me suis posée beaucoup de questions et j’ai même eu une petite appréhension quant à la suite des événements concernant God of War PS4.

Craintes vite balayées par les différents trailers et extraits de gameplay qui ont suivi. Ça y est, j’étais hypéelaughing

Un reboot réussi ?

Ce n’est un secret pour personne, God of War a fait une sortie fracassante (à l’image de son personnage) puisqu’il obtient des notes parfaites ou quasiment parfaites de la part de toute la presse vidéo-ludique. Les avis sont plutôt unanimes, le jeu est une véritable réussite malgré son format « mode solo » dont certains avaient prédit la mort. De quoi être hypée un peu plus encore…

Mais comme toute bonne joueuse qui se respecte, j’aime bien me faire mon propre avis. Chose rare, j’ai acheté le jeu day one ! Le premier truc qui m’a interpellée quand j’ai commencé le jeu ce ne sont pas les graphismes mais plutôt la musique. Véritable œuvre d’art à part entière dans ce nouveau GOW, la mythologie nordique s’entend et se ressent. Ça m’a fait le même effet que l’écran-titre de Dark Souls 3, c’est pour vous dire ! Cela se confirme en plus tout au long de l’aventure, la musique est un véritable chef d’œuvre dans cet opus.

J’ai été un peu moins enthousiaste concernant les graphismes en revanche. La presse avait vanté le jeu comme étant le plus beau de la machine, et il y avait de la concurrence ! J’ai été un peu déçue des environnements de la première heure de jeu (Fauvebois) après avoir terminé Rise of the Tomb Raider sur Xbox One X. L’ambiance était là, pas de doute, mais je trouvais les arbres un peu moyens (sur PS4 classique).

Fort heureusement, j’ai changé d’avis par la suite en poursuivant mon aventure. Les environnements de God Of War PS4 sont en effet absolument magnifiques, très bien réalisés, mais sont surtout très inspirés ! Vous ne les verrez dans aucun autre jeu avant. Ils sont impressionnants, grandioses, fins, originaux (mention spéciale à Alfheim, au Temple de Tyr, au Lac des Neuf…).

Le Lac des Neuf est un exemple d’ingéniosité à parcourir. Le lieu évolue au fil du voyage et des nouvelles aptitudes acquises par Kratos et Atreus. J’ai adoré en parcourir ses multiples recoins à la recherche d’une nouvelle grotte à fouiller ou d’un nouveau défi à réaliser. Parce que finalement, oui God of War est un jeu d’aventure mais il y a de multiples choses à faire : rendre services aux nains forgerons nous permettra d’accéder à de nouveaux lieux et de nouveaux équipements, apaiser les esprits qui n’arrivent pas à trouver le repos éternel pourra nous en apprendre plus sur Midgard, etc. Cela rallonge de beaucoup la durée de vie car l’histoire principale est plutôt courte quand on y réfléchit.

De plus, flâner un peu permettra d’écouter de nombreuses discussions entre Kratos, Atreus et un autre personnage. J’ai adoré ces moments-là car cela permettait de mieux connaître les personnalités de chacun et de renforcer le lien existant entre eux.

Un nouveau Kratos

Après avoir détruit la quasi-totalité de l’Olympe, Kratos est donc parti se réfugier dans le royaume de Midgard. Difficile de localiser cette contrée par rapport à la Grèce d’autant plus qu’on ne sait pas combien de temps il s’est déroulé depuis GOW III.
Dès le début du jeu, on apprend donc que Kratos est à nouveau papa d’un jeune garçon, d’une dizaine d’années environ. Sa femme vient de décéder et ses dernières volontés étaient de répandre ses cendres sur le plus haut sommet du royaume.

Mes vidéos des Boss de God of War (23)

On comprend vite toutefois que les relations entre Atreus et Kratos sont plutôt tendues. Atreus était visiblement très proche de sa mère, qui lui racontait nombre d’histoires sur Midgard alors que Kratos était bien souvent absent, toujours à la chasse. Du moins, c’est la version qu’Atreus connaît et que le joueur doit prendre pour argent comptant. Eh oui, le jeu ne résout pas le mystère de cette distance qui existe entre les deux personnages.

Est-ce que Kratos avait peur d’attirer le danger sur sa nouvelle famille en restant trop proche d’eux ? Comment a-t-il connu sa femme ? A quoi ressemble-t-elle ? Nous en saurons rien, même après avoir fini le jeu. Car la petite particularité de ce God Of War c’est qu’il est monté comme un seul plan séquence. Qu’est-ce ça veut dire ? Tout simplement qu’il n’y a aucun flash-back durant toute l’aventure et que la caméra suit tout le temps Kratos au moment présent. Tout se passe donc « en direct » si je puis dire. Vous ne verrez pas d’autres personnages discuter entre eux dans un autre lieu ou pendant que Kratos et Atreus ne sont pas là.

L’action est donc fixée sur un père et son fils qui vont devoir mettre leurs différents de côté pour respecter les dernières volontés de leur épouse/mère. Ce qui donne lieu à des dialogues parfois très drôles et à d’autres plutôt touchants.

Pour Kratos, plus question de tuer tout le monde comme un sauvage. Il se fait discret dorénavant et a beaucoup appris de ses erreurs et actions passées, il a énormément mûri. Il souhaite d’ailleurs inculquer ses valeurs et cette sagesse à son fils, dont il redoute énormément l’avenir. Il a en effet très peur qu’Atreus prenne le mauvais chemin et se perde dans la violence.

De ce fait, il se comporte de façon très stricte et sévère avec lui. On le verra lui apprendre à chasser, à ne pas se mêler des affaires qui ne les concernent pas, à se battre avec une discipline de fer. En tant que joueur d’ailleurs, on trouve qu’il en fait un peu trop et qu’à force de brider Atreus, cela pourrait avoir l’effet inverse.

Mais bien sûr, il va se dérouler toutes sortes d’événements qui mettront à l’épreuve cette relation. Celle-ci va évoluer au fil du voyage pour notre plus grand plaisir. Cette évolution sera subtile surtout si vous prenez le temps de faire les quêtes annexes régulièrement pour entrecouper le voyage. Comme je le disais plus haut, les discussions entre Atreus et Kratos sur leur barque ou à pied sont très importantes à l’immersion.

Atreus va sortir fortement grandi de ce voyage. En effet, l’enfant n’est jamais vraiment sorti des jupes de sa mère et a toujours connu sa petite cabane au fond de Fauvebois. Partir à l’aventure pour disperser les cendres de sa mère est un moyen pour lui d’honorer sa mémoire mais aussi de découvrir le monde où il est né et de devenir petit à petit l’homme qu’il sera demain. Et pour ça, Kratos veille au grain.

Il faut dire qu’après avoir joué à The Last of Us où la relation Père/Enfant était parfaitement traitée, il était difficile pour SIE Santa Monica Studio de faire aussi bien sinon mieux. Cory Barlog lui-même papa, s’est beaucoup inspiré de sa propre vie. Cela se ressent vraiment dans ce jeu où on a le sentiment que les personnages ont réellement une âme et une personnalité complexe. Y compris les personnages secondaires d’ailleurs, délectables.

Il y a une certaine pudeur aussi dans la manière d’aborder le deuil. Un conjoint ne va pas le vivre de la même façon qu’un fils. Ce qui apportera une certaine forme d’incompréhension entre les 2 personnages. Bref, tout ça pour dire que j’aime beaucoup Kratos à présent car, avec le passé qu’on lui connaît et son comportement d’aujourd’hui, cela lui donne un vrai relief. Et la fraîcheur d’Atreus vient contrebalancer le caractère plutôt taciturne de notre beau barbu.

Et le gameplay alors ?

Exit le Beat’em all et place à l’Action-RPG ! Si ce changement radical pouvait en faire fuir certains, on retrouvera vite nos marques dans ce jeu. GOW n’a de RPG que l’apprentissage des compétences sous forme d’arbres et la gestion de son équipement. Cela reste très basique et convient bien à ce genre de jeu. On ne se perdra donc pas dans les menus.

Le combat à la hache est très plaisant et a le mérite de nous changer des Lames du Chaos. On peut la balancer au loin et la rappeler tel un boomerang. La glace c’est plutôt la classe ! Des coups spéciaux sont également disponibles en appuyant sur L1+R1 ou L1+R2 pour peu que vous ayez trouvé des runes vous débloquant ces « pouvoirs ».

La Rage Spartiate est toujours de la partie et fonctionne exactement comme avant (il me semble). Kratos devient plus puissant et se bat à mains nues avec une vitesse accrue. Chaque coup réussi permet de récupérer de la vie. Pratique en cas de coup dur.
En difficulté normale, le jeu est plutôt bien équilibré. Les boss ne vous poseront presque pas de soucis si vous faites les quêtes annexes régulièrement et que vous cherchez à trouver tous les coffres à trésor autour de vous.

Le challenge sera au rendez-vous lors de l’exploration annexe. Les failles à refermer vous donneront l’occasion d’affronter des ennemis assez redoutables, souvent bien au-dessus de votre niveau. Il existe aussi les Valkyries, qui font office de boss optionnels, à faire plutôt en fin de partie car le défi sera assez dur à relever.

Le bestiaire est assez sympathique dans l’ensemble mais j’ai eu cette impression de copier-coller par rapport aux anciens jeux, dommage. Les Draugr ne sont rien de moins que les mort-vivants, les ogres se comportent comme les cyclopes, les revenantes font penser aux spectres, les espèces de lézards à une queue (désolé j’ai perdu le nom) me rappellent les sirènes, etc.

Sans parler des trolls qui, dans ce God of War 4, sont assez récurrents et s’affrontent tous de la même manière (les Anciens aussi d’ailleurs).

Je pense qu’il s’agissait plus d’un clin d’œil de la part des concepteurs du jeu que d’une véritable envie de fainéantise. Mais bon, ça m’a un peu déçue quand même tout en me rappelant de bons souvenirs… Difficile du coup de dire si c’est un mauvais point ou non. Disons que c’est une petite faute sur laquelle je peux facilement fermer les yeux.


Conclusion

Est-ce que ce nouveau God Of War est le chef d’œuvre annoncé ? Nul doute qu’il s’agit d’un très bon jeu dont l’histoire est traitée avec une maîtrise certaine. Néanmoins, je suis restée sur ma faim concernant le final que j’ai trouvé un poil trop pudique, trop en retrait.

Quand je repense aussi aux péripéties de l’aventure, je me rends compte en fait que ce reboot n’est qu’une « simple » introduction à une histoire qui sera beaucoup plus riche (j’ose espérer) dans le ou les opus qui suivront. Il est vrai que si on trace sa route, il ne se passe pas non plus énormément de choses. Il y a néanmoins une très belle évolution de la relation père-fils. C’est vraiment à ce niveau là qu’il se passe des choses.

Belle introduction donc qui se concentre sur le deuil de deux personnes. La confrontation entre dieux et la vengeance personnelle sont quand même toujours là mais ne concerne finalement plus Kratos. Le sel des affrontements a été préservé et vous retrouverez cette dose d’epicness dans God Of War, sans hésitation, qui faisait la marque de fabrique de la franchise par le passé.

J’attends donc une réelle montée en puissance dans la suite avec plus de péripéties.

God of War - PS4

8.8

Histoire

8.5/10

Gameplay

8.0/10

Musique

10.0/10

Durabilité

8.5/10

Addictif

9.0/10

Aime

  • La relation père/fils
  • La BO juste sublime
  • Des clins d’œil bienvenus à la saga
  • Très bons personnages secondaires
  • Lieux grandioses

Aime moins

  • Un final un poil décevant
  • Manque de péripéties
Eve

Eve

Gameuse sur consoles de salon depuis près de 20 ans, webmaster et web designer dans la vie, j'ai souhaité partager ma passion des jeux vidéo ainsi que d'autres sujets dits "geek" dans mon propre site internet.

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2 Commentaires

  1. Toxsick dit :

    Hello !
    J’ai apprécié la lecture de ton test. Très bien écrit.
    Il est objectif, à la différence des « professionnels » du net.
    Au passage, les marques rouges sont plutôt un hommage à son frère Deimos que des traces de sang.

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