Critique Uncharted 4 : A Thief’s End (PS4)

Uncharted 4: A Thief’s End

On compte de nombreuses franchises vidéo-ludiques qui ont réussi à s’imposer dès la sortie de leur premier opus. On ne présente donc plus la série des Uncharted, mettant en scène un chasseur de reliques du nom de Nathan Drake, que tout le monde connaît depuis près de 9 ans.

On peut dire que sur ce coup-là, Naughty Dog a réalisé un coup de maître puisqu’il a fait de son personnage une véritable usine à sous en sortant pas moins de 5 jeux vidéo exclusivement sur les consoles de Sony ainsi qu’une compile HD des 3 premiers opus sur PS4. Uncharted se décline aussi en dessin animé, romans et BD !

Autant dire que ce quatrième épisode était attendu comme le messie par la communauté de joueurs, désireux de retrouver Nathan après 4 ans d’absence (Golden Abyss étant sorti en 2012 sur PSVita). Une attente d’autant plus exacerbée qu’il s’agissait aussi du tout premier Uncharted sur une console de nouvelle génération.

Alors, retour réussi ?

Ce qui marque d’emblée dans Uncharted 4 : A Thief’s End après seulement quelques heures de jeu c’est qu’on se dit qu’on va enfin apprendre à connaître le personnage principal de cette saga. Qui est vraiment Nate ? Comment est-il devenu un chasseur de trésors ? À quoi ressemblait sa famille ? Toutes ces questions trouvent leur réponse dans cet épisode résolument tourné du côté des émotions au détriment (un peu) de l’action.

Je dois vous avouer que ce choix scénaristique m’a particulièrement enchantée car je donne beaucoup d’importance à la crédibilité des personnages dans un jeu vidéo, à leur personnalité complexe. Et finalement, après The Last of Us, j’en attendais beaucoup de Naughty Dog.

On apprend donc que Nate a un frère et qu’il a fait les 400 coups avec lui, de leur enfance passée dans un couvent à l’entrée dans l’âge adulte dans une prison d’Amérique du Sud. Samuel, dit Sam pour les intimes, est en fait LA personne qui a forgé le caractère de Nate, qui lui a donné le goût de l’aventure et qui, par la force des choses, lui a aussi brisé le cœur. Je ne vous en dit pas plus si vous n’avez pas encore fait le jeu.

Jamais sans mon frère

Trois ans après les événements d’Uncharted 3 : L’Illusion de Drake, on découvre un Nathan plutôt sage, vivant le parfait amour avec Elena en Malaisie, bien loin des chasses aux trésors. Un événement va venir bouleverser sa vie : son frère Samuel, supposé mort depuis 15 ans, se pointe devant lui pour lui demander de partir à la recherche du prodigieux trésor du célèbre pirate Henry Avery.

Cette nouvelle aventure vous emmènera aux quatre coins du monde, de l’Italie à l’Ecosse en passant par Madagascar et aux îles Caraïbe. Les diverses zones sont magnifiquement réalisées et on se rend réellement compte du potentiel de notre PS4 grâce à ce jeu ! Si en plus vous jouez sur un téléviseur UHD 4K, vous allez en prendre pleins les mirettes cool.
Chapeau bien bas pour les jungles qui n’ont jamais été aussi riches et réalistes dans un jeu vidéo auparavant.

Uncharted 4: A Thief’s End

Les jungles sont d’une richesse incroyable

Outre les environnements grandioses c’est avant tout la relation profonde entre frères qui fait d’Uncharted 4 un jeu à part, mémorable. Si vous aimiez bien Nate, vous allez adorer Sam, bien plus naturel et extravagant que son petit frère. Il possède même une personnalité plus complexe qui en font un personnage extrêmement attachant.

Pour augmenter l’immersion, les développeurs ont eu la très bonne idée de faire discuter les deux frères entre eux pendant les séances d’exploration et ce, du début à la fin du jeu. Cela permet au joueur de mieux cerner leur lien tout en ne coupant pas les sessions de jeu par des cinématiques intempestives. Cinématiques bien sûr toujours présentes tout au long de l’aventure mais soigneusement réparties afin de ne pas casser la dynamique du jeu.

On aura rarement vu de jeu où la relation fraternelle est autant mise en avant et je dirais d’ailleurs qu’elle est même LE personnage principal de cette nouvelle histoire. On pourrait même la comparer à celle existant entre Sam et Dean Winchester dans la série Supernatural. Chacune des personnalités ressort seulement parce que l’autre existe, elles s’affrontent, se complexifient et grandissent au fil des discussions et des événements vécus par les deux frères.

Et finalement, cela touche bien plus le cœur des joueurs qu’une simple relation de séduction entre Nathan et ses possibles conquêtes. Si j’avais pu me douter d’un tel parti pris avant de faire le jeu, je l’aurais acheté rien que pour voir ça ! feeling-loved

On ne change pas une équipe qui gagne !

Question gameplay, comme le dit le titre ci-dessus, A Thief’s End n’apporte pas grand-chose de neuf par rapport à ces aînés, la faute à un gameplay déjà bien réfléchi et efficace, alors pourquoi en changer ? Dans cette quatrième aventure, le point est mis sur l’exploration et vous serez amené à utiliser très souvent votre grappin pour accéder à de nombreuses zones escarpées, ravins, falaises, ponts à moitié écroulés et autres joyeusetés.

Jamais répétitifs, les lieux à parcourir sont assez vastes et on sera content de pouvoir les explorer avec des véhicules (jeep, bateau).

Côté scénario, Nathan est à nouveau sur une chasse aux trésors, comme je l’expliquais au début de l’article, avec son frère mais aussi aux côtés de son éternel ami Victor Sullivan (dit Sully), qui a pris un sacré coup de vieux. J’ai trouvé cette chasse beaucoup plus inspirée que celles des précédents Uncharted avec de nombreux rebondissements, le tout restant bien accessible. Car oui, dans les autres jeux, j’avais parfois un peu du mal à suivre, ne me rappelant qu’à la fin du jeu ce que j’étais sensée trouver.

Uncharted 4: A Thief’s End

Quand ces 3 là sont réunis… les punchlines fusent !

Ici, vous êtes à la recherche du trésor d’Henry Avery, un pirate qui décida de former une coalition de pirates afin de mettre en commun leurs trésors respectifs en un même lieu tenu secret. On se rendra vite compte que cette chasse a une valeur particulière aux yeux des deux frères Drake et qu’elle représente bien plus à leurs yeux qu’une rentrée d’argent hypothétique.

A noter, par contre, que le côté fantastique (que l’on retrouvait habituellement dans les Uncharted et les Tomb Raider) a complètement disparu dans cet épisode. Il n’y a donc pas de relique maudite, de peuple à la peau bleue vivant depuis des siècles dans une cité cachée et d’événements mystérieux dont Nate ferait bien de se tenir éloigné.

Etant fan de ce registre littéraire, cela ne m’a pourtant pas dérangée outre mesure de suivre un récit résolument « réaliste » même s’il s’attarde sur un personnage (Henry Avery) et un passé historique inventés de toute pièce. Car, comme je le disais, l’important ici est de découvrir le lien entre Nathan et Sam. angel

Uncharted 4: A Thief’s End

Rafe et Nadine, les antagonistes

Nous avons donc un jeu avec un gameplay indémodable et une histoire alléchante, que faudrait-il de plus pour le hisser au-dessus des autres ? Une durée de vie conséquente ? Et bien… votre souhait est exaucé laughing ! C’est LE progrès que l’on peut noter dans A Thief’s End. Contrairement aux trois autres jeux, qui ne comptaient qu’une dizaines d’heures en tout et pour tout, ici vous en avez bien pour une vingtaine d’heures sinon plus pour voir la fin.

Ajoutée à cela une bande son digne des plus grands films d’aventuriers avec un thème principal qui m’arrive encore de fredonner, on se retrouve devant un jeu dont on peine à trouver des points faibles. Personnellement en tout cas, je n’en relève aucun.

Moi qui n’aimait guère les phases d’action dans les précédents Uncharted (que je trouvais trop longues et trop nombreuses), j’ai pour tout vous dire, apprécié celle de cet opus ! J’aime beaucoup jouer en mode infiltration dans les jeux (merci Metal Gear Solid !) et pouvoir me cacher dans les hautes herbes ou me suspendre à des rebords pour faire tomber les gardes sans éveiller la moindre alerte m’a beaucoup plu !

La fin d’une saga…

Naughty Dog nous avais prévenu : A Thief’s End marquerait la fin des aventures de Nathan Drake. Je m’attendais donc à un final à la hauteur du personnage, capable de me tirer une larme tout aussi bien pour une fin émouvante que pour repenser au fait que je ne reverrai plus Nate…

Et ce final, je l’ai eu ! Je suis absolument ravie des choix qui ont été faits pour terminer cette saga. Certains seront peut-être déçus par le manque d’originalité de la part des scénaristes mais ils voulaient conclure réellement l’histoire de ce personnage et ils l’ont fait magistralement de mon point de vue !


Dernière chose, le jeu possède un mode photo très pointu sur lequel j’ai passé des heures, trop contente de pouvoir jouer les photographes dans un jeu vidéo ! J’ai créé une galerie sur flickr si cela vous intéresse, qui compte un peu moins de 170 clichés ! Attention tout de même, cela peut être potentiellement spoilant si vous n’avez pas fini le jeu, gare à vous !

En voici un petit échantillon :


J’ai aussi fait un Let’s Play du chapitre 12 « En mer » que vous pouvez visionner ci-dessous afin de vous faire une idée du jeu :

Eve

Eve

Gameuse sur consoles de salon depuis près de 20 ans, webmaster et web designer dans la vie, j'ai souhaité partager ma passion des jeux vidéo ainsi que d'autres sujets dits "geek" dans mon propre site internet.

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1 Commentaire

  1. Jeremiah dit :

    La relation entre les deux frères est très bien racontée et ce n’est pas un thème que l’on retrouve souvent dans les jeux vidéos (ce qui prouve bien la maturité de ce loisir). Cependant j’ai trouvé que les nombreux rebondissements nuisaient un peu au rythme global. Mais bon on passe un bon moment dans cette aventure très cinématographique. Et il est loin le temps où il y avait une rupture entre la cinématique et les phases de jeux en terme de graphisme (PS one forever) : on joue dans la cinématique ! ( Enfin façon de parler)

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