Critique The Last Guardian

The Last Guardian

Dernier né de la Team Ico, créateur des poétiques Ico et Shadow of the Colossus sur PS2, The Last Guardian s’est laissé jouer pendant quelques semaines. C’est en tant que fan de la franchise que j’ai découvert le nouveau titre de Fumito Ueda, concepteur talentueux à l’univers remarquable et remarqué, qui nous a longtemps fait languir avant de sortir The Last Guardian : pas loin de sept longues années.

Pour revenir rapidement sur la genèse du projet sans rentrer dans les détails, le jeu a été dévoilé lors de l’E3 2009 pour une sortie initiale sur PS3 ! Pendant plusieurs années, nous n’avons eu que très peu de nouvelles concernant le jeu, pour le voir revenir sur le devant de la scène en 2015.

The Last Guardian a failli être annulé, plusieurs fois, la faute à un gameplay peut-être un peu trop ambitieux pour la PS3, Ueda déclarant qu’il n’était pas satisfait du rendu de l’alpha sur la console de Sony.

Finalement, c’est donc sur PS4 que verra le jour ce troisième volet, pour notre plus grand contentement. Je dois dire que, personnellement, le concept me plaisait beaucoup. Je rêvais d’un jeu montrant la relation forte qu’il peut exister entre l’Homme et l’Animal et connaissant déjà Ico et Shadow of the Colossus, j’étais certaine que le sujet serait traité de manière, évidemment poétique car c’est la marque de fabrique du studio, mais surtout de manière subtile mais oh combien profonde et émouvante.

On en avait d’ailleurs eu un petit aperçu dans SotC avec Wander et son cheval Agro. Ce dernier s’avère indispensable pour parcourir l’aventure et affronter les colosses que vous trouvez en chemin, et sans vous en rendre compte, vous finissez par beaucoup vous attacher à lui jusqu’à une scène bien particulière qui vous retourne le cœur.

Je m’attendais au moins à la même chose dans The Last Guardian, au plus à quelque chose de dix fois plus fort.


On démarre donc le jeu sans rien connaître du contexte de l’histoire, vous incarnez un petit garçon d’environ dix ans qui se réveille dans une espèce de grotte, le corps tatoué de partout de symboles étranges. Très vite, vous vous apercevez que ronfle gentiment à vos côtés une bête, sorte de griffon, moitié chat moitié volatile, enchaîné et arborant quelques pieux douloureusement enfoncés sur le dos et les flancs.

Que faites-vous ici ? Quel est cette créature étrange ? Qui êtes-vous ?
Des questions qui trouveront réponses bien évidemment au cours de l’aventure, dans de jolies cinématiques. feeling-loved

Le principe du jeu reviendra à vous familiariser avec Trico, nom de la bête visiblement baptisée par le garçon, afin de pouvoir sortir des ruines dans lesquelles vous êtes plus ou moins prisonnier. Le fait est que vous êtes techniquement libre de vos mouvements mais que vous vous trouvez bien loin de chez vous dans une espèce de sanctuaire antique, recelant bien des mystères…

Le soucis c’est que Trico ne vous connaît pas et n’aime visiblement pas beaucoup les humains, normal s’ils s’amusent à lui lancer des pieux me direz-vous ! Vous allez devoir composer avec son caractère tantôt ronchon, tantôt espiègle en obtenant ses faveurs via des tonneaux remplis d’un liquide bleu fluorescent qu’elle s’empressera d’engloutir tout rond.

L’IA de la créature est impressionnante ! J’ai la chance d’avoir grandi avec des chiens et des chats, je suis même l’heureuse « maman » laughing d’un beau matou nommé Harper qui peut tout autant être adorable que démoniaque.
Tout ça pour dire que j’ai reconnu mon chat dans de nombreux comportements de Trico, on peut y voir tout aussi bien un chien. La créature se roule dans une marre d’eau, courre après les papillons, saute lestement sur de petits escarpements ou vestiges de bâtiments, s’assoit sur son derrière en vous regardant avec interrogation, quémande des câlins, etc.

Vous vous surprendrez à lui faire quelques caresses (oui oui c’est possible !), à la remercier quand elle aura réussi à faire ce que vous lui demandiez, à rire de ses mimiques ou à avoir réellement peur pour elle quand elle glisse sur un rebord, le long du vide.

Vous pouvez communiquer avec Trico via quelques mots d’une langue inconnue, chaque mot représentant un ordre précis : avance, ne bouge pas, saute, attaque, bravo, vient ici. Je n’ai pour ma part eu aucun soucis pour donner des ordres à Trico, elle comprenait très vite ce que je voulais.

Petit bémol par contre concernant le gamin : je trouve sa maniabilité vraiment imprécise concerned. Bien sûr, j’aime son côté maladroit, cela renforce le fait qu’on incarne un enfant, mais c’est tellement chiant de le contrôler que ça gâche vraiment le plaisir de jeu. C’est surtout quand il faut faire des sauts précis que ce n’est pas l’idéal, ou alors se dépêcher de faire une action pour éviter les gardes de pierre.

Sans cela, je pense que je me serais beaucoup plus amusée à The Last Guardian.

Concernant la durée de vie du jeu, j’ai mis un peu moins de 15 heures pour le terminer mais je ne l’ai pas trouvé court. Les énigmes sont vraiment sympas à élucider, parfois on n’a vraiment aucune idée de quoi faire et j’ai dû par deux fois regarder sur une soluce pour avancer.
Il faut faire preuve d’une grande curiosité et bien observer un peu partout autour de soi pour savoir où aller et si Trico peut nous suivre. Souvent, ça n’est pas le cas et vous devrez trouver un moyen pour qu’elle finisse par vous rejoindre d’une manière ou d’une autre.

Le gameplay s’en trouve verticalisé et j’ai adoré parcourir les ruines. Il y a de beaux décors, de beaux plans de caméra et si vous êtes fan de la patte graphique de la Team Ico, vous ne serez pas déçu. De ce côté-là, The Last Guardian est le digne héritier de ses aînés.

L’histoire, quant à elle, réserve quelques surprises tout au long de l’aventure. La fin du jeu ne laissera aucune question en suspens et ça fait plaisir pour une fois. Avec Ueda on peut être sûr qu’il n’y aura pas de suite à TLG et cela m’aurait donc bien embêtée si toutes mes questions n’avaient pas pu trouver une réponse.

L’exploration laissera place à quelques moments plein d’action ce qui dynamisera un peu le voyage.

Eve

Eve

Gameuse sur consoles de salon depuis près de 20 ans, webmaster et web designer dans la vie, j’ai souhaité partager ma passion des jeux vidéo ainsi que d’autres sujets dits « geek » dans mon propre site internet.

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3 Commentaires

  1. Karim dit :

    Hello Eve !

    Tu fais toi même les captures d’écran ? Car, que ce soit sur The Last Guardian ou FFXV je trouve certaines prises de vues sublimes 🙂

    • Eve Eve dit :

      Tout à fait ! Tous mes tests sur PS4 sont illustrés par mes propres sreenshots. Quand il y a un mode photo comme dans Uncharted 4 ou Horizon Zero Dawn je me fais plaisir. Mais sur les autres jeux j’essaye aussi de capturer les meilleurs moments.
      Merci pour le compliment !

  1. 19 juin 2017

    […] Shadow of the Colossus de Fumito Ueda (Ico, The Last Guardian) aura droit à son remake PS4 et je ne vous parle pas d’un lissage HD là… Il […]

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